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La culture du narguilé

Apparue dans l’Inde médiévale aux alentours du XVIe siècle, la chicha est une pipe à eau traditionnelle permettant d’inhaler par un tuyau la vapeur produite par la chauffe du tabac disposé dans un bol situé au sommet.

La chicha en bref

Contrairement au cigare ou à la cigarette, la chicha, une sorte de pipe à eau, fonctionne à l’aide d’une source de chaleur externe, en général du charbon de bois (charcoal). La chaleur émise par le combustible du foyer va chauffer un mélange à base de tabacs aromatisés et/ou sucrés, disposé dans le bol situé au sommet. Lors du tirage, la fumée du mélange de tabacs traverse la colonne par un tuyau immergé à la base du narguilé qui consiste en un vase rempli d’eau à moitié de sa hauteur. C’est le matériau utilisé pour la fabrication de cette jarre qui a donné son nom à la « shisha », mot persan qui signifie « verre ». Le mot « narguilé », également issu du persan, fait quant à lui référence à la noix de coco traditionnellement utilisée comme réceptacle pour la consommation de la chicha, lors de dîners de noblesse par exemple. En anglais, c’est le mot « hookah » issu de l’hindi « houka » qui est utilisé pour désigner cette pipe qui se répand dans l’Empire britannique suite à la colonisation de l’Inde.

Mode de consommation et origines

Au moyen du tuyau relié à la base, le consommateur inhale par la bouche puis exhale une fumée blanche et épaisse refroidie et « lavée » au contact de l’eau. Contrairement à la fumée de cigarette, le tabac est chauffé indirectement, non pas par sa propre combustion, mais par celle du charbon de bois, situé dans le foyer au-dessus du bol. La pratique de la chicha remonte avant la diffusion massive du tabac dans le monde. Suite à l’introduction de cette plante par les Portugais en Inde et en Perse au XVIe siècle, un physicien de l’empereur moghol, d’origine perse, mit au point un système permettant à la fumée de passer à travers de l’eau afin de la « purifier ». La chicha, ce bel objet, devint rapidement populaire parmi la noblesse et l’aristocratie indienne avant de se répandre en Perse dans toutes les couches de la société, sous le nom de « ḡalyān ».

Plusieurs termes pour une même pratique

Dans la pratique, « chicha » et « narguilé » désignent la même chose, bien que les deux mots se différencient étymologiquement et culturellement. C’est par exemple dans les Balkans, en Grèce et en Turquie que le mot « narguilé » est plutôt utilisé alors que « chicha » s’emploie en Afrique du Nord et dans la péninsule arabique. Aujourd’hui, c’est le terme chicha, ou « shisha » qui s’est largement imposé chez nous pour désigner la pratique. Au-delà de sa consommation pure et simple, c’est toute la culture de la convivialité autour de la chicha qui a influencé les sociétés d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’Asie, avant de se démocratiser plus récemment chez nous. Au cours des dernières années, la nature des substances consommées a quant à elle passablement évolué. Elles prennent la forme de tabac pur ou de tabac avec mélasse aromatisée et essences de fruits macérés parfois appelé « tabamel ». Aujourd’hui, il y en a pour tous les goûts et tous les styles.

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